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Donnez de l’air à vos envies avec le vol libre !

Article SPORTS 4/06/2019

Par Matthieu LEFFEUVRE, CTS Vol Libre Nouvelle-Aquitaine

Qu’il faille remonter jusqu’à Icare où à ce cher Léonard de Vinci c’est avant tout à la fin du XIXe siècle que des théoriciens et pratiquants testèrent les premières ailes / cerfs-volants. Puis les années 50 voient l’apparition de l’aile souple puis semi-rigide largement développé par la NASA. Ces inventions donneront des idées à plus d’un ! Plusieurs inventions de cerfs-volants finiront par aboutir à l’aile delta vers la fin des années 60. Les premières compétitions arrivent en 1967.

Mais pendant ce temps, le parachute évolue... A la fin des années 60, Domina Jalbert invente le parafoil qui ouvre la voie au parapente d’aujourd’hui : invention qui est d’ailleurs encore utilisée par les parachutistes en compétition de précision d’atterrissage. Apparait également aux États-Unis, le slope soaring, le souhait de son inventeur étant d’en faire un sport d’été des stations de montagne. Parallèlement à ces avancées, les premières ailes delta commercialisées émergent à la fin des années 1960 et permettent au vol libre de décoller pendant les années 70. Il faut s’organiser, la Fédération française de vol libre (FFVL) est créée le 12 mai 1974.

A la fin des années 70, des français inventent une nouvelle manière de décoller en parachute, une révolution se prépare pour les années 80... De nombreux parachutistes décollent à pied des montagnes, des ailes dédiées sont construites... un sport est né, le parapente !
Parallèlement, une troisième mutation intervient dans le monde du vol libre. Le cerf-volant de traction avec structure gonflable est inventé par des Français. Il passe de l’invention à l’innovation dans les années 90 et se commercialise dès le début des années 2000. La FFVL s’intéresse très tôt à cette pratique hybride entre vol et glisse (appelé à ses débuts flysurf) et accompagne les pionniers avec notamment la mise en place d’une norme NF dès 2003.
Aujourd’hui, la FFVL rassemble plus de 600 associations sportives et plus de 300 écoles, ayant pour objectifs la promotion du vol libre, son organisation et la formation du delta, parapente, cerf-volant, kite (sur eau, terre et neige), speed-riding et boomerang.

Le vol libre et son organisation

La fédération, depuis sa naissance, a eu à gérer des disciplines dites à environnement spécifique. Pour ce faire, eu égard aux moyens dont elle dispose, sa ligne de conduite a été de mettre en permanence l’accent sur la formation des pratiquants et la responsabilisation de ceux-ci dans tous les domaines de leur pratique dès le début de leur apprentissage.
Rapidement, le monde professionnel a pris part à la formation, la fédération s’est associée à cette démarche créant un label de qualité auquel 80% des structures d’enseignement en France adhérent aujourd’hui. Depuis 2004, la fédération a permis statutairement avec droit de vote, aux organismes à but lucratif d’adhérer à la fédération.

Un sport de nature innovant

Sport de pleine nature par excellence, le vol libre œuvre pour un accès libre et gratuit à tous les espaces de pratique de ses disciplines dont le dénominateur commun est le pilotage aérien.
Les disciplines connexes recherchent souvent une structure de tutelle. Cela a commencé avec le parapente dans les années 80, pour suivre avec le cerf-volant et plus récemment avec le kite, le speed-riding et le boomerang. La demande est toujours venue de la base qui cherche à s’organiser.

Le vol libre en Nouvelle-Aquitaine

En Nouvelle Aquitaine, le vol libre rassemble plus de 3000 licenciés, 50 clubs et 18 écoles, la pratique du parapente et celle du kitesurf étant les plus représentés. La région disposant de grands espaces, de reliefs montagneux, de grands lacs et d’une vaste côte océane, les sites de pratiques sont nombreux et nécessite ainsi un travail de gestion et de veille permanent.

Les espaces de pratiques et le développement durable

Le partage des espaces de pratiques avec les autres usagers de loisir ou professionnels,
la prise en compte les intérêts des propriétaires hors domaine publique impliquent de constantes négociations. En particulier la problématique de l’espace aérien pour le parapente et le delta mais aussi les concertations liées à des questions d’environnement, de sécurité ou de réglementations particulières demandent un suivi très régulier et des discussions parfois difficiles pour faire que les sports de nature ne pas soient les seules victimes d’un difficile partage et du respect de notre environnement.
Adapter nos sports de pleine nature à l’évolution de nos environnements, dans le respect du milieu naturel et des autres usagers est un défi quotidien et une préoccupation centrale.

Les outils de concertation pour l’accès aux sites de vol libre

Afin de faire face aux problématiques d’accès aux sites, il est nécessaire d’envisager une approche de gestion concertée qu’on peut décrire en plusieurs étapes :
-  identifier clairement l’origine du problème  : foncier, réglementaire, environnemental, sécuritaire, conflictuel... Les enjeux peuvent être variés, il est donc important de bien mesurer la diversité des situations et des contextes ;
-  identifier les spécificités du site de pratique au regard de la discipline de vol libre concernée ;
-  Identifier les acteurs  : gestionnaires, propriétaires, acteurs publics, clubs et dirigeants référents...
-  analyser le contexte du site : fréquentation (flux du public, tourisme, signalétique, aménagement), réglementation locale (notamment en matière de sécurité, d’environnement, d’accès, d’espace aérien...), aménagements (foncier, sécurité, qualité du site..) ;
-  favoriser la concertation entre les différents acteurs ;
-  contribuer à clarifier les données du problème et à faciliter le dialogue entre les parties. Il est également profitable de favoriser une bonne circulation de l’information ;
-  S’appuyer lorsque nécessaire sur le rôle de l’État, indépendant et garant de l’intérêt général.

Les conseillers techniques d’État placés auprès de la FFVL constituent également un appui technique et une expertise indispensable au développement maitrisée des sports de nature. Dans ce domaine de la gestion concertée, ils jouent un rôle majeur se situant entre l’apport d’une expertise reconnue, une position plus neutre utile à la médiation et une posture garant de l’intérêt général.