DRDJSCS Nouvelle-Aquitaine

DRDJSCS Nouvelle-Aquitaine

Newsletter
Retour à la page d'accueil
>SPORTS >Sport de Nature >Articles, ressources et documentation >Articles >3 questions à... Nicolas OLLIER (DDCSPP Creuse) nous parle des Sports de Nature dans le SNU

3 questions à... Nicolas OLLIER (DDCSPP Creuse) nous parle des Sports de Nature dans le SNU

Article SPORTS 14/10/2019

Nicolas OLLIER est conseiller sport à la DDCSPP de la Creuse, il a mis en oeuvre courant 2019 l’expérimentation du service national universel. Il nous dresse le bilan de cette expérience dans cet entretien avec notamment l’inclusion des sports de nature.

1. En tant que Conseiller d’animation sportive,tu as conduit le projet pédagogique du SNU en Creuse.
Pourquoi avoir utilisé les sports de nature ? As tu développé des valeurs ou des compétences particulières lors de ces pratiques..

Le séjour de cohésion est avant tout un temps d’immersion pour le jeune. Une immersion collective au sein d’un groupe inconnu et sur un territoire à découvrir, duquel tirer une expérience favorisant une démarche d’engagement ultérieure. Le projet pédagogique du séjour creusois a été conçu sur la base des piliers communs constitutifs des séjours de cohésion :
- activités physiques, sportives et de cohésion,
- autonomie, connaissance des services publics et accès aux droits
- citoyenneté et institutions nationales et européennes,
- culture et patrimoine
- découverte de l’engagement
- développement durable et transition écologique et solidaire,
- défense, sécurité et résilience nationale.

Le temps contraint du séjour a imposé un choix d’activités permettant une transversalité des thématiques au sein de contenu commun. Les sports de nature se sont imposés naturellement :
- activités maitrisées par les acteurs locaux et éducateurs mobilisables,
- un approche transversale facilitée (culture, patrimoine, développement durable),
- une période estivale favorisant une pratique extérieure et permettant aux jeunes de profiter de l’espace proposé.

2. Quelles activités as tu mises en place, avec quels prestataires,
partenaires, intervenants

Le caractère volontaire du jeune en SNU n’occulte pas une réelle diversité du public (géographique, sociale, culturelle, sportive...). Au delà d’une maitrise de l’activité support, l’intervenant doit être en capacité de maitriser son public et de le capter. Nous nous sommes tournés vers des équipes d’éducateurs professionnels, expérimentés et en capacité de se suppléer en cas de désistement. Au regard du volume d’activités et du nombre de jeunes à encadrer, il était également capital que le travail préparatoire puisse se construire collectivement. Le comité départemental UFOLEP de la Creuse nous a permis de répondre à ces enjeux.
Les activités sportives étaient diversifiées (approche du self défense, module respect des règles et arbitrage construit pour l’occasion avec le district de football de la Creuse, et des activités de pleine nature support des modules santé et de cohésion).
Dans le cadre du module cohésion, les éducateurs ont construit des situations problèmes au cœur des forêts bordant le site. Les jeunes devaient résoudre collectivement un défi en s’appropriant le milieu. Ces activités ont permis aux jeunes d’élaborer collectivement des stratégies en fonction des points forts et points faibles de chacun des participants, de valider collectivement ces choix stratégiques, de les mettre en œuvre et d’analyser leurs impacts.
Pour la majorité des jeunes, ces activités de cohésion furent une réelle découverte. Certains n’imaginaient pas qu’une pratique physique pouvait se dérouler en dehors d’un espace dédié (piscine, stade, gymnase).
Les forums proposés aux jeunes ont permis d’aiguiller certains vers leurs réseaux associatifs locaux afin d’envisager une pratique ultérieure mais aussi de s’investir dans le cadre de la mission d’intérêt général de la phase 2.
Dans le cadre du module "sport santé", 3 après-midi consécutifs permettaient aux groupes de suivre, là aussi en extérieur, des pratiques de pleine nature (marche, marche nordique, orientation) et d’évaluer leurs impacts sur leur niveau de santé (prise en compte de la fatigue, du sommeil, de l’alimentation), notamment grâce à des outils de mesure (bracelets connectés et applications dédiées).

3. Quel bilan tires-tu de cette expérience autour des sports de nature dans le SNU ? Comment cela pourrait-il se reproduire à une plus grande échelle dès l’an prochain ?

La canicule de juin a complexifié la mise en place des activités et a justifié l’intervention d’éducateurs experts, en capacité de répondre aux problématiques de dernière minute et à l’hétérogénéité des groupes.
Les sports de nature peuvent s’intégrer au séjour de cohésion en répondant aux enjeux de transversalité de ce séjour court. Il me semble toutefois important de bien l’appréhender comme un support et d’accompagner les éducateurs en charge, en amont de ce temps de pratique. L’articulation avec l’ensemble des contenus du séjour, le positionnement des séances, la construction de nouvelles pratiques, la prise en compte des diversités et expériences individuelles, doivent nécessairement nous guider dans cette construction. Les activités de pleine nature pourraient, sans cette articulation indispensable, devenir le "mauvais souvenir" de jeunes volontaires en séjour de cohésion.